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Actualités

19 février 2021

Catherine, tombée dans la marmite du commerce !

Entretien février 2021 – Catherine MEME

Non, ce n’est pas un nouveau poisson ! Catherine, arrivée un 1er Avril 2005 à la CABA, quitte la CABA pour de bon ! L’heure de la retraite a sonné après 17 ans de bio et loyaux services au rayon poissonnerie de la Chalouère puis du Doyenné. De la gouaille (on l’entendait de loin !), de la grogne parfois ; mais surtout un immense attachement à son métier, à ses collègues, à la CABA et son esprit coopératif et … plus que tout, à ses clients qui lui ont été fidèles ces longues années. Car sa « pêche » et ses conseils en ont conquis plus d’un !

Son histoire
63 ans, 45 ans de travail, pas une ride ou presque, 5 à 6 h de sommeil en moyenne. Des soucis de santé ? « Je touche du bois ! » Son secret de jouvence résiderait-t-il dans sa consommation assidue de poisson, de crustacés et d’algues ?
« Peut-être… mais c’est une question de nature, » dit-elle humblement.
Elevée chez sa grand-mère qui tenait un café-épicerie, enfant, Catherine jouait à la vendeuse, rangeait les rayons et… portait les bouteilles de gaz ! Dès 16 ans, elle commence sa carrière ! C’est sur les marchés qu’elle apprend son métier : les chaussures Blandin, les vêtements Barbe Bleue, la boulangerie. Une échappée vers le maraîchage… puis retour sur les marchés en poissonnerie. « Je saute dans mon camion, j’attelle ma remorque et Avanti ! sur les routes de Gennes, Montreuil-Juigné, le Lion d’Angers et… on ne se pose pas de question, beau temps ou pluie à verse, quand faut y aller, faut y aller ! »
Elle a tout appris avec son patron Stéphane ZAMIAR, puis chez FERREIRA et enfin chez LE JOUBIOUX: les gestes techniques : écailler, vider, trancher, étêter, lever les filets, ouvrir les coquillages… « Il faut aimer apprendre et ne pas rechigner devant l’humidité et le froid, c’est notre lot quotidien ! » Informer sur les produits présentés et sur leur provenance, maîtriser les règles d’hygiène font aussi partie du métier.

Ton arrivée à la CABA ?
Oh…je ne pensais pas pouvoir tenir ! vous imaginez ? Travailler enfermée : je ne pensais pas pouvoir m’habituer ! mais mes collègues ont su me soutenir et puis je m’y suis fait.

Les qualités d’une bonne poissonnière ?
De la rigueur côté l’hygiène et arrivages ; il faut savoir ce qu’on achète et ce qu’on vend ! répond Catherine mais au-delà, c’est la qualité relationnelle qui prévaut !

Quelle a été ta relation fournisseur ?
Entre la CABA et Nantes marée, c’était une vraie relation de confiance. Depuis 2007, après l’arrêt du Jardin de Neptune, Rodolphe a toujours su nous accompagner dans la connaissance produit et créer une relation commerciale efficace. Je l’en remercie d’ailleurs !

Ce que tu as aimé le plus dans ce métier ?
Le contact bien évidemment ! Je connais les parents, les enfants…que je vois grandir. Ce sont plusieurs générations ! On entre dans une certaine intimité qui fait que la relation dépasse celle de vendeuse cliente ! C’est merveilleux !

Les contraintes du métier ? Silence comme si Catherine n’en voyait aucune !
Outre quelques clients très exigeants (pour utiliser un euphémisme), c’est vraiment que du plaisir !

Et l’arrivée au Doyenné ?
Un changement bien-sûr, d’abord positif car on a gagné en confort. Il faut voir l’équipement dont on dispose : la chambre froide, le banc de travail…La Chalouère avait ses côtés personnels qu’on regrette aussi : l’aspect vieilles Halles et son esprit plus familial. Un petit cocon où on rigolait bien ! C’est un changement d’échelle mais il faut s’adapter !
Par contre, les clients deviennent de plus en plus connaisseurs, les méthodes de pêche – la pêche au chalut, à la drague – la saisonnalité aussi… ils comprennent qu’il faut attendre l’été pour acheter des sardines et l’hiver pour la Saint -Jacques ! Une conscience écologique qui est ancrée, qu’on voyait moins au début de ma carrière. C’est encourageant !

J moins 8 : Le vendredi 26 elle rend son tablier. Séquence émotion ? Oui c’est vrai que la CABA va me manquer, c’est un peu comme une famille ! Mais j’ai aussi besoin de me reposer, de prendre du temps pour moi. Mes occupations futures ? Me promener en forêt à la pêche… aux champignons !
Mes successeurs ? Il faut faire confiance aux jeunes qui arrivent.

Ce que je retiens de la CABA ? La solidarité entre collègues et une culture de bienveillance qui, j’espère, durera une fois les vieux disparus !!! Rires !

Belle retraite Catherine et Merci !