~|icon-news~|biocoop-icon~|outline

Actualités

1 février 2021

La CIAP 49

Un contexte :

  • En France, plus de 200 fermes disparaissent chaque semaine, très souvent au profit d’exploitations agro-industrielles toujours plus grandes.
  • 1300 hectares d’espaces agricoles et naturels sont recouverts de béton et de bitume chaque semaine.
  • Les prix de la terre ont bondi de presque 40 % en dix ans, obligeant les jeunes agriculteurs à s’endetter à vie pour acheter leurs terres.
  • Seules 8% des surfaces agricoles sont cultivées en mode biologique aujourd’hui, alors que le plan ambition bio 2022 (issu des Etats généraux de l’alimentation) a le projet d’atteindre les 15% à horizon 2022. Conséquence, on recourt aux importations pour répondre à la demande croissante des consommateurs.
  • Parmi les candidats à l’installation, 60% ne sont pas fils d’agriculteurs et seulement 20% d’entre eux réussissent à s’installer.

D’où l’importance pour les porteurs de projet d’être accompagnés, intégrés localement et soutenus par des dynamiques paysannes et citoyennes fortes. C’est le rôle que joue la CIAP avec la particularité de vouloir faire de la question agricole une question de société, en permettant aux citoyens d’agir concrètement et près de chez eux.

Extraits d’entretien avec Jean Cartron – Co-Président de la CIAP49

La CIAP a été créé en 2012 sous l’impulsion de la Confédération paysanne pour répondre à la problématique du renouvellement des générations en agriculture. On voit pousser des fermes de plus en plus grosse aux pratiques souvent très éloignées des préoccupations environnementales. L’accès au foncier est encore plus difficile pour les personnes non issues du milieu agricole, aujourd’hui encore, assez refermée sur elle-même.
Or, quand 3 fermiers cèdent leur ferme, 1 s’installe. L’aide à l’installation est une question urgente si l’on veut pérenniser la profession.

Les outils
Trois outils constituent le socle stratégique de la CIAP : le Stage paysan créatif, le Portage et l’Espace Test. Tel ou tel outil convient à chaque porteur de projet selon son besoin et le niveau d’avancement de sa démarche. Par le portage, la CIAP est comme une couveuse d’entreprise en assurant l’hébergement juridique, fiscal et comptable de l’activité économique. Ce qui permet de démarrer l’activité plus sereinement, la CIAP étant garante du fonctionnement. Au bout de deux ans, le porteur de projet doit être autonome.
La réussite de la CIAP et sa performance tiennent essentiellement à un état d’esprit : le relationnel et les appuis locaux. Seul, on ne peut rien. C’est en se mettant autour de la table, paysans, élus, citoyens qu’on peut faire émerger des contextes favorables à l’installation sur un territoire donné. 

Le Conseil d’administration
Il est animé par une douzaine de personnes majoritairement agriculteurs.

Les paysans référents (tuteur des porteurs de projets)
Ils sont plutôt favorables à ce dispositif d’accompagnement. On n’a pas de mal à les trouver et ce dans tous les secteurs de production.

Le budget
Notre budget de fonctionnement n’est aujourd’hui provisionné qu’à 50%,
En gros, il est alimenté par les subventions institutionnelles,  Conseil régional dans le cadre de l’animation territoriale et dans le cadre de la formation, le Réseau rural français, le Conseil départemental pour l’Espace test, des Communautés de communes mais aussi des Biocoop. Le soutien de la CABA de 3 000€ cette année n’est pas négligeable et nous remercions la coopérative pour sa réactivité à l’égard de nos difficultés. C’est aussi un volet de notre travail : chercher et communiquer sur notre activité pour convaincre de potentiels « financeurs ».

Résultats
Actuellement, ce sont 26 porteurs de projets qui sont en stage paysan créatif et 10 en portage temporaire.
La CIAP a une bonne performance si on la compare à d’autres structures d’aide :
Sur 200 installations agricoles dans notre région, 100 font appel à une structure d’aide dont 10% à la CIAP et 70% des jeunes qui passent par la CIAP s’installent avec succès.

Les orientations
Elles sont nombreuses et notre coopérative doit toujours se repositionner, s’organiser ou se réajuster et cela demande du temps. Mais, c’est toujours en mouvement. Actuellement, on s’intéresse de près au statut de SCOP agricole qui est un statut d’avenir pour les paysans pour l’aspect coopératif d’une part, mais aussi favorable à la pérennité de l’exploitation agricole. Encore des innovations prometteuses !

Maëlys et Simon, salariés de la CIAP nous expliquent la CIAP dans cette vidéo.