Actualité

Tribune Collectif Biocoop

14 Jan 2022

Parue dans le journal Le Monde - Novembre 2021

LE COMBAT POUR L'ÉCOLOGIE : VRAIS MOUVEMENTS OU FAUX SEMBLANTS ?

Le monde d’après, tant évoqué, espéré, désiré, voire fantasmé n’est-il plus aujourd’hui qu’un mirage ? Pas pour Biocoop en tout cas qui y a vu l’occasion d’accélérer ses combats historiques : 1996 mise en place du 100 % bio, 2006 de la saisonnalité des fruits et légumes, 2017 arrêt de la commercialisation de bouteilles d’eau en plastiques etc. En un mot d’accélérer le changement sociétal, si longtemps refusé par tout un système et ses acteurs capitalistiques. Pourtant, il se concrétise aujourd’hui chaque jour un peu plus dans la réalité et s’impose à tous. Mais de quelle réalité parlons-nous ? Personne ne peut le nier, l’ensemble de la société se conforme, s’uniformise, se lisse autour d’un nombre grandissant de communications valorisantes, un brin simulacres. Les artifices ne manquent pas pour donner gages aux consommateurs-citoyens. Le marché de la distribution alimentaire est à son apogée de contre-vérités, d’actes flous, de messages imprécis et indécis. La preuve en est.

LABELS AGRICOLES : SÉPARONS LE BON GRAIN DE L’IVRAIE.

Les labels portent des engagements, des certifications, des garanties sur la plus-value d’un produit ou d’un service. Le label bio en est un parfait exemple. Créé en 1985 il permet d’identifier les produits issus de l’agriculture biologique, aujourd’hui propriété du Ministère de l’Agriculture en France et, depuis 2009, reconnu et adopté à l’échelle européenne sous l’« Eurofeuille ». Cependant, de nombreux imposteurs s’engouffrent dans une démarche de labellisation dans l’unique but de dévaloriser ce label mieux-disant et de se préserver d’actions trop laborieuses ou contre nature. Que penser de ces nouveaux labels HVE (Haute Valeur Environnementale), Agri Confiance, Zéro résidu de pesticides ? Quel est l’objectif, le but, les promesses, les avancées, les améliorations pour la Terre et les Humains ?! Non, tous les labels ne se valent pas comme le démontre la récente « étude de démarches de durabilité dans le domaine alimentaire » publiée à l’initiative de Greenpeace, WWF et UFC-Que Choisir (étude consultable sur le site de WWF). Pas de garantie pour les agriculteurs, pas d’impact positif sur la santé humaine, la qualité des sols ou encore la biodiversité. A quoi bon créer de nouveaux labels si ce n’est dans un dessein de progrès ?!

MAIS… SUR QUI COMPTER ?

Nous avons besoin d’utopistes réalistes, de pionniers, d’activistes, pour bousculer un monde qui dévie, voire dérive, car on n’y arrivera pas seuls. L’Etat-providence doit tenir son rôle et ainsi être un acteur important dans la vie sociale, sociétale et économique du pays. Le fait-il ? Nos représentants, dirigeants, décideurs tiennent-ils cet engagement ? Sur la question d’agriculture, nous sommes tous conscients de la réelle troisième révolution agricole que nous devons porter. Le plan France 2030 dévoilé il y a quelques semaines et son enveloppe de 2 milliards d’euros vont-ils vers le bon chemin ? Nous, Biocoop, le qualifions simplement et humblement de fuite en avant. L’agriculture recherchée et créatrice de valeurs existe déjà. Pourquoi se mettre des œillères ? L’agriculture biologique est LA solution du monde paysan préservant les richesses, la transparence ou encore l’équité. Nous sommes alignés sur le fait qu’il ne peut exister de pays fort sans agriculture forte. La santé nutritionnelle, la relocalisation de filières (ou souveraineté alimentaire), l’installation des paysans de demain, voici les vraies questions à se poser dès aujourd’hui. Les aides au bio ne sont même pas proportionnelles aux engagements pris par le politique et ne correspondent pas aux enjeux actuels. Non, nous ne pouvons pas vivre d’illusions.

AGISSONS AUJOURD’HUI POUR SAUVER DEMAIN, ENSEMBLE.

Nous sommes face à des défis concrets (changement climatique, mais aussi biodiversité en danger et mal-être paysan). Nous n’avons plus le temps. Agissons ! Passons de l’idéologie au pragmatisme. Collectivement, nous sommes dans l’obligation de passer dans une logique, non pas de démonstration, mais d’actes concrets. Les consommateurs, les paysans, les citoyens le demandent. Répondons à leurs appels. Collectivement nous devons agir et montrer la voie. L’économie de demain prouve tous les jours que d’autres modèles existent. En prouvant qu’il n’y a pas besoin de vendre des énergies fossiles pour être un fournisseur d’énergies ; en prouvant qu’il n’y pas besoin de spéculer sur les marchés financiers pour être une banque ; en prouvant qu’on peut être à la fois une enseigne de distribution alimentaire de plus de 700 magasins, une coopérative multi-acteurs au service de la Bio, et faire de l’équité, de la coopération et de la transparence ses valeurs fondamentales. Notre impact peut être réel, représenter moins de 1 % du commerce alimentaire en France, mais 12 % du bio, moins de 1 % du marché alimentaire en France, mais 19 % du vrac, 1 % du marché alimentaire en France, mais 20 % du commerce équitable. À l’occasion de notre anniversaire, de nos 35 ans d’engagements, nous nous sommes interrogés sur notre posture et nous considérons qu’il est temps de nous exprimer plus fortement. Nous n’hésiterons plus désormais à prendre position pour révéler les choix qui nous sont offerts et qui ne se valent pas tous. En effet, la confusion ambiante nous fait perdre un temps que nous n’avons pas. Nous sommes petits, mais grands à la fois.

 

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